J’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Flavie Retuelle sur le plateau de son émission « Mon IA et moi ».
Elle m’a interrogé sur l’origine de ma passion pour l’IA (qui remonte à mon enfance) et sur mon opinion concernant la possibilité de consciences artificielles.
Découvrez en exclusivité cet entretien dans cette vidéo 😊.
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Sous-titres – Mon IA et moi
[Musique]
[Avatar] Bienvenue dans notre nouveau numéro de « Mon IA et moi », le talk show qui donne la parole aux amoureux de l’IA. Aujourd’hui, nous recevons Jérôme Delacroix, un passionné de l’IA qui anime une chaîne YouTube consacrée aux récentes avancées en la matière. Bonjour Jérôme, merci d’avoir accepté notre invitation. Vous connaissez la formule de l’émission : nous allons vous poser trois questions et vous demandons de répondre à chacune en moins de 2 minutes. Vous êtes prêt ?
[Jérôme] Je suis prêt et je vous remercie de m’inviter.
[Avatar] Ma première question est tout simplement celle-ci : est-ce la première fois que vous êtes interviewé par un avatar virtuel, et qu’est-ce que cela vous fait ?
[Jérôme] Ah oui, c’est la première fois ! Vous savez, je pense que les développements récents de l’intelligence artificielle, finalement nous amènent à nous réinterroger sur des questions ancestrales sur ce que c’est qu’être humain, sur la notion même de réalité. À force de dialoguer avec des agents virtuels tels que vous, j’imagine que l’inconscient collectif va être modifié sur toutes ces questions. Dans quel sens et quels seront les impacts philosophiques ? Il est encore trop tôt pour le dire.
[Avatar] Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’intelligence artificielle ?
[Jérôme] Alors comme beaucoup de personnes de ma génération, j’ai grandi dans les années 80 et j’ai découvert les tout débuts de la microinformatique. Et à l’époque, il n’y avait pas encore grand-chose, il fallait faire ses programmes soi-même, et donc je me suis amusé à programmer en BASIC. Voilà, ça restait assez rudimentaire, mais on pouvait déjà faire des choses assez sympas.
Et je me souviens qu’à un certain moment j’ai essayé de développer ce qu’on pourrait appeler des métalangages, donc des langages un petit peu plus évolués, un petit peu plus naturels, pour programmer ma machine. Alors, à l’époque, j’étais encore débutant en informatique, et puis les capacités des micro-ordinateurs étaient extrêmement limitées, que ce soit en puissance ou en mémoire, et donc bon, ma première tentative n’est pas allée très loin. Mais toujours est-il que le sujet a continué à me passionner. Et c’était à peu près à la même époque qu’on a vu le développement des systèmes experts.
Pour ceux qui se souviennent des systèmes experts, c’était en fait des logiciels capables de produire des résultats, entre guillemets « de raisonner », à partir de données d’entrée et de règles. C’était la grande époque du langage Prolog, pour les amateurs. J’étais vraiment passionné par tous ces sujets, et aujourd’hui, si je prends un petit peu de recul, je pense que ce qui me fascinait, au fond, c’était la capacité que, peut-être, un jour, on arriverait à développer une conscience artificielle, c’est-à-dire une conscience tout à fait autre, non humaine, avec laquelle il serait possible de dialoguer, une altérité totale mais qui pourrait être partenaire de l’humanité.
[Avatar] Et pensez-vous que nous y sommes ?
[Jérôme] Je ne le crois pas. Il est vrai qu’il y a peu de temps, une intelligence artificielle générative, comme on dit, a réussi à passer le test de Turing, le fameux test dans lequel des cobayes humains sont face à un écran et dialoguent en ne sachant pas s’ils dialoguent avec un être humain ou une intelligence artificielle, un système informatique. Et donc cette IA dont je vous parle a réussi à faire croire à des cobayes qu’elle était humaine.
C’était la première fois en conditions expérimentales robustes, solides, qu’une IA passait ce test de Turing. Néanmoins, je pense qu’on est encore loin d’une conscience artificielle. D’autres études, notamment des études menées par la société Anthropic qui édite l’IA générative Claude, ont montré que les IA ne sont pas encore capables de réflexivité. Quand on les interroge sur la manière dont elles « raisonnent », entre guillemets, sur la manière dont elles produisent leurs résultats, en fait elles sont incapables de dire comment elles fonctionnent.
Or la réflexivité, me semble-t-il, c’est la première étape vers une conscience de soi. Donc tout ça pour dire qu’à ce stade, je crois que la conscience artificielle reste une simple hypothèse, ni plus ni moins, mais ça me fait toujours autant rêver !
[Avatar] Merci Jérôme Delacroix pour ce passionnant échange. Et chers spectateurs, je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouveau numéro de « Mon IA et moi ».
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