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Robots et censeurs zélés au service de la pensée unique

La France en 2050, vidéo par Virginie Vota
La France en 2050, vidéo par Virginie Vota

Voulez-vous avoir un aperçu original de ce que pourrait être la France en 2050 ? Eh bien, ce n’est pas sur YouTube que vous le trouverez.

Je viens d’apprendre en effet qu’une vidéo de la vidéaste Virginie Vota intitulée justement « la France en 2050 » venait d’être censurée par YouTube, à peine une heure après sa mise en ligne.

Virginie Vota s’en explique dans cette autre vidéo.

Mais avant d’écouter ses explications, j’ai souhaité visionner la vidéo bannie pour me faire ma propre opinion.

J’ai pu la consulter sur la chaîne de secours qu’elle a créée sur le système décentralisé Odysee.

Pourquoi censurer cette vidéo ?

Après tout, il y aurait pu avoir de bonnes raisons pour la censure de la vidéo. Connaissant les réalisations habituelles de  grande qualité de Virginie Vota, j’en aurais été bien étonné, mais sait-on jamais ? Une mouche l’avait-elle piquée pour qu’elle proférât des propos incitant à la haine raciale, par exemple ? Est-ce que sa vidéo propageait de dangereuses contre-vérités (ce qui constituerait déjà un motif de censure beaucoup plus discutable) ? J’étais même prêt à être magnanime vis-à-vis de YouTube en envisageant l’hypothèse que la vidéo proscrite portait tout simplement atteinte à des droits d’auteur.

Après avoir regardé la vidéo sur Odysee, je peux affirmer qu’il n’y a rien de tout cela.

La véritable raison de la censure

J’ai donc écouté par la suite les explications de Virginie Vota. Et j’ai découvert que YouTube avait justifié sa censure au motif que les contenus de la vidéo « contredi[raient] le consensus des experts d’autorités sanitaires locales ou de l’OMS au sujet du vaccin contre le COVID-19 ».

Or, en vérité, la vidéo dont je vous parle ne s’oppose pas aux propos d’experts sanitaires, qui, soit-dit en passant, ne sont pas si unanimes que YouTube voudrait le faire croire.

Non, simplement, il semble que la vidéo « la France en 2050 » de Virginie Vota a eu le malheur de déplaire. Est-ce le fait d’un censeur trop zélé ? D’une dénonciation par un internaute ? Ou, peut-être plus effrayant encore, le fruit de l’analyse automatique de la vidéo par des algorithmes dits d’intelligence artificielle (bien mal nommés au demeurant car la machine est encore loin d’avoir une intime compréhension des choses telle qu’un être humain peut l’avoir) ?

Quoi qu’il en soit, cette censure est une parfaite illustration d’un monde vers lequel nous nous dirigeons, dans lequel seules les pensées mainstream, faisant « consensus », validées par des « experts » ayant été adoubés par le système pourraient être exprimées.

J’ai peur, malheureusement, que cette vision totalitaire n’advienne en France bien avant 2050, au train où vont les choses.

HarmonyOS : Huawei annonce son Big Bang

Qu’y avait-il avant le Big Bang ? Peut-être rien, peut-être un état prélude à la naissance du monde.

La mythologie chinoise apporte sa propre réponse : avant la création du monde, l’univers était un esprit chaotique, une vitalité primordiale appelée Hongmeng (鸿蒙).

Ce n’est sûrement pas un hasard si Huawei a choisi ce nom pour son tout nouveau système d’exploitation maison, Hongmeng OS, traduit en anglais par HarmonyOS. La marque entend bien inaugurer une nouvelle ère dans l’univers de l’électronique grand public.

Richard Yu, Huawei
Richard Yu, Huawei

C’est vendredi 9 août, lors d’une conférence de développeurs de Huawei Technologies à Dongguan, dans le Sud de la Chine, que Yu Chengdong (余承东), alias Richard Yu, CEO de la branche Consumer Business Group, a dévoilé Harmony OS.

Sa présentation a mis l’accent sur les trois principales caractéristiques du nouvel OS : l’universalité,  la sécurité et la compatibilité.

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Google Glass : vous voyez ce que je vois ?

Google Glass
Google Glass

Aujourd’hui, les services secrets nous écoutent, la chose est entendue. Mais cela reste encore limité aux conversations électroniques. Bon, d’accord, ils peuvent aussi accéder facilement à notre courrier postal. Mais grâce à la merveilleuse invention des lunettes à réalité augmentée, c’est notre vie privée qui risque d’être encore diminuée. Demain, très facilement, les services secrets pourront voir ce que vous voyez. Et toujours avoir un oeil sur vous.

 

Google, Facebook, Twitter : sale temps pour la vie privée

 

Google, Facebook, Twitter
Google, Facebook, Twitter

« Google a annoncé que ses règles de confidentialité allaient être modifiées pour regrouper toutes les informations laissées par chaque utilisateur sur les différents services offerts par le géant américain. »

« Dans les prochaines semaines, tous les utilisateurs seront contraints de passer au profil remanié… Vous n’aimez pas la Timeline? Tant pis pour vous. Mardi, Facebook a annoncé qu’ ‘au cours des prochaines semaines, tout le monde passera’ à la nouvelle version des profils »

« Dans un post sur son blog officiel, Twitter a annoncé qu’il allait mettre en place un système de censure des tweets. »

Carnet de voyage : quid de Google et la censure en Chine en août 2010 ?

Google in China
Google in China

Cet été à Pékin, j’ai pu me rendre compte de l’état des lieux de ce qui est accessible sur Google en Chine. Mais commençons par un rappel des derniers épisodes qui ont ponctué les relations entre la Chine et la firme de Mountain View ces derniers mois.

Début 2010, la querelle entre la Chine et Google avait fait grand bruit dans la presse. Google avait indiqué avoir fait l’objet d’attaques de hackers. Selon la firme, ces attaques avaient pour origine la Chine. La cible était non seulement des défenseurs chinois des Droits de l’Homme utilisateurs des services de Google, mais aussi, semble t-il, la technologie Google elle-même. David Drummond, Directeur juridique de la firme, avait ainsi déclaré que les attaques avaient eu pour conséquence un « vol de propriété intellectuelle ».

En réaction, Google avait décidé de désactiver la censure des résultats de son moteur de recherche sur son site chinois, google.cn. Pour ce faire, il avait mis en place une redirection automatique des requêtes effectuées sur google.cn vers la version hong-kongaise du site, google.com.hk. En effet, la censure du net ne s’applique pas à Hong-Kong, en vertu du principe « un pays, deux systèmes ». Résultat des courses : le gouvernement chinois avait décidé de bloquer Google en Chine continentale, y compris google.com.hk.

Finalement, en juin 2010, un compromis est trouvé : Google est à nouveau accessible, en contrepartie la redirection automatique de google.cn vers google.com.hk est remplacée par un lien sur lequel l’internaute doit cliquer pour accéder à la version non filtrée de Hong-Kong.

Voici ce qu’il en était quand j’ai cherché à utiliser Google en Chine au mois d’août :

  • l’internaute qui tape tout simplement dans sa barre de navigation http://www.google.com est automatiquement redirigé vers http://www.google.com.hk, version non censurée
  • pour accéder à la version censurée mentionnant explicitement le lien vers http://www.google.com.hk, l’internaute doit explicitement taper dans sa barre d’adresse : http://www.google.com.cn, ce qui est tout de même moins évident. A noter que sur ce site, le lien vers http://www.google.com.hk est particulièrement visible (en gras)

google.com.cn

  • sur la version de Hong-Kong de Google, les résultats ne sont pas filtrés. J’ai pu le vérifier avec une requête du type : « Tian an men massacre »
  • en revanche, quand on clique sur les liens ramenés par Google, on ne peut pas y accéder : les résultats de recherche ne sont pas filtrés, mais on ne peut pas accéder aux pages qui sont derrière
  • impossible d’accéder non plus à la version en cache de ces pages, puisque cette fonction n’est pas proposée par Google en Chine

Autrement dit, Google et le gouvernement chinois continuent de jouer au chat et à la souris : je te bloque mais pas complètement, je m’auto-censure mais pas tout à fait.

L’internaute chinois un peu malin, lui, s’y retrouve très bien.

Note : le petit jeu des subtilités va très loin. Depuis, la France, si l’on tape http://www.google.com.cn, on arrive sur la page illustrée ci-dessus, avec le lien en gras vers google.com.hk. Sauf qu’en réalité, ce n’est qu’une image. Impossible d’utiliser en France la version censurée de Google : lorsque l’on clique dans la zone de recherche, on est automatiquement redirigé vers la version hong-kongaise.

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La fin de la censure sur Internet en Chine ?