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La France est-elle devenue une dictature ?

Depuis le premier confinement, suivi de son cortège de limitations des libertés individuelles, décrétés dans le contexte de la crise de la Covid-19, une affirmation revient régulièrement : la France serait devenue une dictature. Pour être exact, cette affirmation revient régulièrement depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. C’est déjà singulier à remarquer. Mais aujourd’hui l’accusation revient particulièrement en force avec la mise en place du passe sanitaire voulu par Emmanuel Macron.

Si maintenant on passe de l’affirmation à la question, « la France est-elle devenue une dictature ? », plusieurs attitudes sont possibles :

  • le déni : poser la question serait totalement incongru, l’interrogation est écartée d’un revers de la main sans même être examinée ;
  • l’indignation : poser la question serait un sacrilège, ceux qui se la posent n’ont qu’à aller vivre dans des pays communément considérés comme des dictatures (Chine, Arabie Saoudite…)
  • la réflexion calme : c’est l’attitude qui sera adoptée dans ce billet.

Grâce à un rappel de la définition d’une dictature, nous verrons dans une première partie que, formellement, la France n’en est pas devenue une. En revanche, nous verrons dans la deuxième partie que de nombreux faits témoignent d’un dévoiement de la démocratie française vers une pratique dictatoriale. Continuer la lecture de La France est-elle devenue une dictature ?

Des langues vivantes si loin, si proches

homme globe
homme globe

Comment des langues qui se sont épanouies dans des berceaux de civilisation distants de milliers de kilomètres peuvent-elles partager des points communs non seulement en matière de vocabulaire, mais aussi de grammaire ?

Ainsi, pourquoi les sonorités de « maman » en français, 妈妈 (« mama ») en chinois ou même أمي (« ‘umi ») en arabe sont-elles si apparentées ?

Pourquoi les Français apprennent-ils à dire « papa » dès le plus jeune âge, les Russes папа (« papa ») et les Chinois 爸爸 (« baba ») ?

Les similitudes grammaticales sont encore plus incroyables.

Ainsi, dans un groupe d’Anglais, un individu pourra lancer une invitation collective à faire quelque chose par une tournure du type :

let’s watch a movie

(« regardons un film »)

let’s est la forme contractée de let us et :

let = « laisser, laisser faire, permettre »

us = « nous »

watch = « regarder »

a movie = « un film »

Et que dirait un Chinois ?

Il dirait :

让我们看一部电影。

(« rang wo men kan yi bu dian ying »)

Or :

让 = « laisser »

我们 = « nous »

看= « regarder »

一部电影 = « un film »

Autrement dit, les Chinois comme les Anglais utilisent une tournure du type : laisser + nous + action pour traduire le fait qu’un individu lance une invitation collective à faire quelque chose à l’intérieur d’un groupe (l’impératif présent avec « nous » en français).

Comment des civilisations aussi éloignées que celles des Anglais et des Chinois ont-elles pu aboutir à la même structure ?

Faut-il voir dans ces similitudes entre langues vivantes une trace de l’universalité de certains traits de la pensée humaine ?

Quand des chercheurs en neurosciences arrivent à la même conclusion que Bergson

Henri Bergson
Henri Bergson

Lu dans Sciences&Vie n°1216 de janvier 2019 : « Le cerveau perçoit les outils comme des prolongements du corps ». L’article est repris en partie en ligne :

« Si nous avons tant de facilité à utiliser un stylo, un tournevis ou un joystick, c’est parce que notre cerveau les perçoit comme des organes à part entière, ont découvert des neurologues français.

Qu’est-ce qui fait de l’homme un si excellent utilisateur d’outils ? Sa capacité à les considérer comme des organes propres, répond l’équipe du Centre de recherche en neurosciences de Lyon dirigée par Alessandro Farnè. Notre cerveau s’avère même capable d’en extraire une riche information sensorielle. »

Bergson ne disait pas autre chose. Ainsi, dans Les deux sources de la morale et de la religion, il écrivait, en 1932 :

« Si nos organes sont des instrument naturels, nos instruments sont par là même des organes artificiels. L’outil de l’ouvrier continue son bras ; l’outillage de l’humanité est donc un prolongement de son corps. »


La vision du philosophe rejoint donc la découverte expérimentale du scientifique.

 

 

Pourquoi 55+5 = 60 ?

Desk lamp and book

Aujourd’hui, mon fils m’a posé cette question : « Qui a décidé que 55 + 5 = 60 ? Qui a inventé + et = ? »

Très bonnes questions, n’est-ce pas ?

Quelle joie que d’assister aux premiers questionnements philosophiques de son enfant !

Vous vous demanderez peut-être ce que j’ai répondu. Je lui ai répondu que personne ne l’avait « inventé ». Que c’était comme ça dans la vie, dans la réalité. Et que plus tard il apprendrait à « démontrer » le pourquoi des choses, ou l’impossibilité du contraire (démonstration par l’absurde).

Ceci dit, qu’est-ce que c’est que ce 55 ? Ce 5 ? Dans l’univers, il y a de la matière. Mais on n’observe pas de 55 ou de 5. On peut donc légitimement se demander si ce sont des inventions humaines. A moins qu’il ne s’agisse d’idées, tout aussi réelles que les atomes, dans une conception platonicienne ?

Qu’en pensez-vous ?

Mise à jour du 3 août 2019

Hier soir, le petit frère de 4 ans m’a demandé si le ciel était un mur. Je lui est répondu que non, que l’on pouvait toujours monter plus haut, qu’il n’y avait pas de limite.

La question ingénue et très profonde de mon fils est survenue inopinément. Quel beau cadeau pour son Papa ! Quelle joie de découvrir les questionnements de ses enfants !